
Plusieurs jours, déjà, presque une semaine que je l’ai revu. Pourquoi y repenser, me revoir le retrouver dans cette gare et le serrer dans mes bras suffit à provoquer cette sensation de vide dans mes entrailles?
Plus désagréable est impossible. Je ne m’y attends pas, et d’un coup, un fugace souvenir s’introduit dans mon esprit et me fait serrer les dents, fermer les yeux de douleur, mee tordre de la brûlure qui envahit mon ventre.
Je croyais avoir accepté. Il est probablement trop tôt encore… Comme si la pression intérieure était trop forte et que mon esprit relâchait la douleur enfouie par à-coups. Presque une semaine. Demain soir, quand je retrouverais l’Officiel, ça fera une semaine.
J’aime bien marquer ce genre de dates.
“Une journée, seulement? On dirait que ça fait des années. J’aimerais. Pour ne plus en pleurer.”
“Une semaine. Pourquoi ai-je toujours mal? Je n’en sortirais pas, c’est si dur d’avancer…”
“Un mois, ce souvenir brûle encore à l’intérieur. Ne plus y penser…”
“Un an. Je suis toujours là, plus vivante que jamais. Et je t’emmerde.”
Me souvenir du temps écoulé me montre que je suis toujours en vie, et capable d’avancer. Même si dans le cas de J., j’en suis encore loin.
Il ne m’a d’ailleurs pas contactée depuis ce dernier baiser étrange sur un quai de gare. Aucunes nouvelles. Vit-il aussi dans la honte? Partageons-nous jusqu’à ce sentiment cuisant d’avoir fauté et gâché? Sommes-nous si semblables?…
Reviens, merde! J’ai besoin de te parler. Viscéralement besoin d’inscrire les évènements récents comme une partie de notre histoire. Juste une partie, qu’on saura surmonter ou pas. Mais je ne veux pas avoir l’impression qu’ils marquent une fin. Ca leur donnerait une importance plus grande dans mon esprit, et m’empêcherait de les enfouir aussi facilement.
Laisse-moi faire mon deuil des choses… Viens vers moi.