De l’absence, et du retour.

Tellement à dire. Courage de raconter? Je vais essayer.

J’avais au départ (au départ signifiant avant le week-end dernier) envie d’écrire sur à quel point la proximité nouvelle et la possibilité de voir l’Officiel tellement plus souvent me rendait heureuse, à quel point point notre amour était plus fort que jamais. Haha. Le destin aime bien se foutre de ma gueule. C’était avant ce week-end, qui me laisse désespérée de confusion.

Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver J. Laissez-moi vous raconter…

Püppchen a alors 14 ans. Les grandes vacances, les montagnes, un lac. Un garçon que je réussis à faire mien, pendant trois jours, jusqu’à ce que la fin des vacances sonne le glas de l’aventure. Mon premier amour, c’est idiot, mais c’est vrai : le premier à m’avoir dit Je t’aime, le premier avec qui c’était réellement partagé, le premier avec lequel je vivais une intensité sentimentale aussi destructrice. 6 mois, c’est le temps qu’il m’a fallu pour arrêter d’y penser tout le temps. 1 an, c’est ce qu’il m’a fallu pour en faire mon deuil. L’éternité, c’est le temps que ça prend pour qu’une partie de moi ne sois plus amoureuse de lui. De fil en aiguille, on se parle, rarement, voire très rarement, suffisamment pour éviter une perte de vue complète. Il y a un peu plus d’un an, on a commencé à vraiment re-converser sur msn. A se raconter nos vies. Alors que nous ne nous connaissions en réalité qu’à peine, il est apparu évident que nous étions liés, sans vraiment comprendre par quoi. Confidences, flirts subtils ou moins subtils, discussions sans fin. Promesses de retrouvailles, un jour.

L’occasion a fait que, par un concours de circonstances et d’occasions concordantes, ce jour a été vendredi soir. L’ironie du sort? Cela faisait exactement 4 ans, jour pour jour, que nous avions échangé nos derniers baisers et regards. 4 ans. Tellement dans une vie de jeune fille. L’Officiel avait été mis au courant de cette rencontre, il fait confiance, trop, comme toujours. Je considérais cela comme retrouver un vieil ami.

A peine l’un en face de l’autre, de grands sourires, et une étreinte intense. “Enfin, on se retrouve”. L’alchimie opère étonnamment bien : c’est comme si on s’était toujours connus, comme si cette sorte de lien inexplicable se concrétisait. Ca se passait à merveille. On se raconte nos vies, on se retrouve à écouter de la musique, seuls dans un grand appart’ parisien, avec pizzas, Martini et bières fraîches. A fumer des clopes à la fenêtre, en se regardant dans les yeux, tous les deux aussi hallucinés de la façon dont tout ça se déroule, si bien. Une proximité comme évidente, du charme aussi, à dose respectable. 4 ans.

L’attirance physique, elle, est intacte. Je suis toujours émerveillée par ce corps mince et un peu frêle, par ce grand nez, par ces yeux curieux et un peu moqueurs. Au fond, nous n’avons pas changé. On retrouve les ados que nous étions, on parle du passé, on parle de nos passions, on parle un peu de nos amoureux respectifs, que tous les deux nous aimons par dessus tout et qui sont tout pour nous.

Mais il y a toujours cette partie de moi qui l’a toujours désiré, cette partie de moi qui a 14 ans et ferait tout pour retrouver son J., l’avoir dans ses bras, une fois de plus. Cela semble réciproque, l’issue a l’air inévitable. Je la redoute mais la désire ardemment.

Que faire dans ce cas quand, à 3h du matin, alors que nous nous couchons enfin (un seul grand lit dans l’appart’), et alors que son bras m’entoure d’une façon qui semble si naturelle, il me dit “Püppchen… Je peux t’embrasser? Je veux savoir ce que ça fait…”. Que faire? Ne pas résister, laisser l’adolescente jubiler, embrasser ces lèvres si douces, sentir le désir brûler mes entrailles. Se rapprocher, le sentir dur contre moi, essayer de résister, sans grand succès. Se caresser, soupirer, gémir. Mais il y a une chose que je ne peux pas faire. Le laisser me pénétrer. J’en crève d’envie, je suis presque nue, tout comme lui, le contact de sa peau m’éléctrise. Mais je ne peux pas! Je suis déjà en train de tromper l’Officiel en embrassant ce garçon, en le laissant entrer ses doigts en moi, en caressant doucement son sexe. Je veux plus, mais “plus” serait commettre l’irréparable. Ca serait laisser un autre que l’Officiel entrer en moi, alors que je me suis jurée de ne jamais laisser un autre me faire ça tant que l’Officiel croira en nous et me fera confiance. Comme une limite morale à mon infidélité, que je sais latente et embusquée.

Nous sommes nus, l’un contre l’autre, lui entre mes cuisses, mais pas entré. On fait ça “à l’extérieur”, uniquement en se frottant. Il réclame plus. Je le stoppe dans son élan. Il prétend que lui pourrait vivre avec ce poids sur son esprit. Ce n’est pas mon cas. Je sais déjà comme je devrais m’arranger avec ma conscience pour pouvoir regarder l’Officiel dans les yeux sans que le souvenir de J. en train de me toucher et de me caresser revienne à mon esprit. Lui, continue de se frotter, éjacule sur moi. Je suis sale. Souillée. L’adolescente pleure, la presque femme fait mine de rien.

“Merci”, me dit-il. “De quoi?” réponds-je. “D’avoir insisté pour qu’on n’aille pas jusqu’au bout, tu avais raison, c’était une mauvaise idée.” Il a l’air serein, calme. Il ne me touche plus du tout. Je suis pour la première fois confrontée si durement à la différence d’opinion d’un homme avant et après orgasme. Je suis pétrifiée, je fais comme si rien de particulier ne s’était passé. Et pourtant, sans en saisir encore complètement l’ampleur, je sens cette lourdeur sur moi. Culpabilité. Implacable… Méritée, au fond.

Le début de la journée de samedi se passe relativement bien, l’entente est la même, mais l’enthousiasme m’a quitté. J’aimerais qu’il parte, l’oublier, pleurer sur moi-même et sur le dégoût que je m’inspire.

Quelqu’un l’appelle, un imprévu, il doit rentrer chez lui. Ouf. Je l’accompagne à la gare. Un dernier baiser, passionné. Il s’en va. J’erre dans Paris, déboussolé. Je m’assois devant Notre-Dame, la regarde longtemps. Je suis perturbée, ébranlée.

Je retrouve cet appartement, vide. Je pleure, enfin.

Voilà deux jours que j’essaie de gérer cela. Que j’ai des remontées de désir, de culpabilité, d’amour, le tout confondu, pour J. Qui n’a d’ailleurs pas répondu au sms envoyé samedi après-midi et ne m’a pas recontactée depuis.

Tout ça pour dire? Une perturbation amoureuse, sans doute un retour ici, selon mes envies.

La chanson qui a réussi à me fair lâcher mes larmes samedi. I need you so much closer…

6 réponses à De l’absence, et du retour.

  1. “J’ai tout raconté”… à qui ? À l’Officiel ou seulement à ton blog ?

    • littlepuppchen

      Je n’ai pas le courage de briser le coeur de l’Officiel. Je ne doute plus de Nous. Je m’inflige une souffrance psychologique déjà assez grande, pas besoin de lui faire payer pour mes erreurs. C’est lâche? Oui. C’est en s’arrangeant avec la vérité et sa conscience qu’on arrive à se regarder dans le miroir.

      • Mais je suis parfaitement d’accord avec toi : il ne faut surtout rien lui dire. Je trouve d’ailleurs qu’en un sens, c’est la solution la moins lâche. Le plus lâche, et le plus égoïste, serait de tout lui raconter pour soulager ta conscience. Cela lui ferait énormément de mal et ne l’avancerait pas à grand-chose, sans parler de votre couple. Mais désires-tu encore vraiment sauver ton couple ? …

      • littlepuppchen

        C’est ce que je désire le plus. Réussir à travailler sur moi pour ne rien laisser paraitre, tout avaler, et tout occulter, pour ne pas le faire souffrir, et préserver notre relation formidable. Au fond, je n’ai aps fait ce que j’ai fait par dépit ou ennui, je l’ai fait parce que la partie de moi la plus détestable -la petite ado égoiste et capricieuse- a pris le contrôle. Et je m’en mords les doigts.

      • Je me doute que tu t’en mords les doigts. Cependant, ta solution (tout occulter, etc.) me paraîtrait la bonne si ces retrouvailles avec ton ex avaient constitué la seule menace pour votre couple. On peut parfaitement comprendre qu’un premier amour laisse des traces indélébiles.

        Mais il n’y a pas que ça, si ? Tes posts précédents et ton histoire avec J. semblent montrer que le problème est plus large que cela. Tu ne sembles pas pouvoir te “contenter” de ta relation avec l’Officiel. Est-il donc viable, à long terme, d’occulter tout ça en espérant que ça passe ?

      • littlepuppchen

        Pertinent. J’ai déjà exposé le dilemme… L’Officiel me rend heureuse sur le long terme, mais je suis trop sensible pour ne pas me laisser emporter par des passages de passion pour d’autres. Il est dur de se résoudre à ne aps vivre complètement quand on a 18 ans…
        Il y a eu T., qui au fond était plus dangereux que J., par les envies destructrices qu’il me donnait. Là, ça ressemble plus à la situation de la fille qui se retrouve avec un inconnu dans son lit le matin : “qu’ai je fait, pourquoi? ça ne m’a rien apporté, et je me sens misérable…” S’y ajoute dans mon cas la culpabilité d’avoir trompé la trop belle confiance d’un innocent.
        Mais je suis heureuse avec l’Officiel. Mais oui, ça ne me suffit pas, des fois… J’aimerais plus encore, alors que j’ai déjà tellement. Jamais contente…

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