J’avais si peur. Si peur d’avoir à regarder l’Officiel dans les yeux, lui sourire et lui mentir.La honte me rongeait, me ronge toujours.
J’ai réussi à mentir, je n’en tire aucune fierté, loin de là.
Mais une évidence s’est imposée à moi : j’aime l’Officiel, plus que tout, et je ferais n’importe quoi pour Lui.
C’est le genre de choses qui arrive si peu. Je ne dis pas que nul autre n’aura jamais cette proximité avec moi, je dis juste que c’est précieux et que ça se construit. C’est juste une relation unique, c’est une chose rare.
Je le sais, je le sens au fond de moi.
Quand je le retrouve et que cette sensation de plénitude m’envahit lorsque je l’embrasse.
Quand je le taquine et qu’il a ce sourire que nul autre n’a.
Quand il me regarde pendant l’amour avec les yeux remplis de quelque chose que je ne pourrais pas suffisamment décrire par des mots.
Quand je le recueille dans mes bras après l’amour en caressant ses cheveux.
Ca, et d’autres choses, qui font que l’amour qui nous lie est juste inévitable.
J’ai l’air mièvre? Sans doute! Seulement vous n’avez pas idée à quel point ça fait du bien de réaliser pour de bon ces choses-là. De se les remémorer. Après le week-end que Lui et moi avons passés ensemble, j’ai l’esprit libre. Pas de la culpabilité, mais de mes doutes sur Nous.
Plusieurs jours, déjà, presque une semaine que je l’ai revu. Pourquoi y repenser, me revoir le retrouver dans cette gare et le serrer dans mes bras suffit à provoquer cette sensation de vide dans mes entrailles?
Plus désagréable est impossible. Je ne m’y attends pas, et d’un coup, un fugace souvenir s’introduit dans mon esprit et me fait serrer les dents, fermer les yeux de douleur, mee tordre de la brûlure qui envahit mon ventre.
Je croyais avoir accepté. Il est probablement trop tôt encore… Comme si la pression intérieure était trop forte et que mon esprit relâchait la douleur enfouie par à-coups. Presque une semaine. Demain soir, quand je retrouverais l’Officiel, ça fera une semaine.
J’aime bien marquer ce genre de dates.
“Une journée, seulement? On dirait que ça fait des années. J’aimerais. Pour ne plus en pleurer.”
“Une semaine. Pourquoi ai-je toujours mal? Je n’en sortirais pas, c’est si dur d’avancer…”
“Un mois, ce souvenir brûle encore à l’intérieur. Ne plus y penser…”
“Un an. Je suis toujours là, plus vivante que jamais. Et je t’emmerde.”
Me souvenir du temps écoulé me montre que je suis toujours en vie, et capable d’avancer. Même si dans le cas de J., j’en suis encore loin.
Il ne m’a d’ailleurs pas contactée depuis ce dernier baiser étrange sur un quai de gare. Aucunes nouvelles. Vit-il aussi dans la honte? Partageons-nous jusqu’à ce sentiment cuisant d’avoir fauté et gâché? Sommes-nous si semblables?…
Reviens, merde! J’ai besoin de te parler. Viscéralement besoin d’inscrire les évènements récents comme une partie de notre histoire. Juste une partie, qu’on saura surmonter ou pas. Mais je ne veux pas avoir l’impression qu’ils marquent une fin. Ca leur donnerait une importance plus grande dans mon esprit, et m’empêcherait de les enfouir aussi facilement.
Laisse-moi faire mon deuil des choses… Viens vers moi.
En bref, j’écoute ça en quasi-boucle depuis hier, et je vais mieux. Jamiroquai est fort, comme mec.
Oui, d’ailleurs je vais mieux, étrangement. Mon esprit commence occulte peu à peu. Le malaise général se fait remplacer par de petits vides dans l’estomac quand soudain le souvenir remonte. De temps en temps. C’est le signe que me conscience est en train d’essayer de sceller la cocotte-minute. En espérant que ça me pète pas à la gueule un jour…
Sinon? Je me sens encore plus bi en ce moment. Pourquoi? Le souvenir d’une sublime rouquine dans une gare parisienne flotte comme un fantasme dans mes idées. Mince, petite, si fine, gracieuse. Des cheveux de feu qui ondulent sur ses épaules et la naissance de son dos. Une peau laiteuse, recouverte de toute petites tâches de rousseur. Un nez minuscule et mutin. Des yeux d’une infinie douceur. Elle était plongée dans un livre… Oh Ginger Baby, j’aurais couvert ta peau laiteuse de baisers.
Tellement à dire. Courage de raconter? Je vais essayer.
J’avais au départ (au départ signifiant avant le week-end dernier) envie d’écrire sur à quel point la proximité nouvelle et la possibilité de voir l’Officiel tellement plus souvent me rendait heureuse, à quel point point notre amour était plus fort que jamais. Haha. Le destin aime bien se foutre de ma gueule. C’était avant ce week-end, qui me laisse désespérée de confusion.
Ce week-end, j’ai eu l’occasion de retrouver J. Laissez-moi vous raconter…
Püppchen a alors 14 ans. Les grandes vacances, les montagnes, un lac. Un garçon que je réussis à faire mien, pendant trois jours, jusqu’à ce que la fin des vacances sonne le glas de l’aventure. Mon premier amour, c’est idiot, mais c’est vrai : le premier à m’avoir dit Je t’aime, le premier avec qui c’était réellement partagé, le premier avec lequel je vivais une intensité sentimentale aussi destructrice. 6 mois, c’est le temps qu’il m’a fallu pour arrêter d’y penser tout le temps. 1 an, c’est ce qu’il m’a fallu pour en faire mon deuil. L’éternité, c’est le temps que ça prend pour qu’une partie de moi ne sois plus amoureuse de lui. De fil en aiguille, on se parle, rarement, voire très rarement, suffisamment pour éviter une perte de vue complète. Il y a un peu plus d’un an, on a commencé à vraiment re-converser sur msn. A se raconter nos vies. Alors que nous ne nous connaissions en réalité qu’à peine, il est apparu évident que nous étions liés, sans vraiment comprendre par quoi. Confidences, flirts subtils ou moins subtils, discussions sans fin. Promesses de retrouvailles, un jour.
L’occasion a fait que, par un concours de circonstances et d’occasions concordantes, ce jour a été vendredi soir. L’ironie du sort? Cela faisait exactement 4 ans, jour pour jour, que nous avions échangé nos derniers baisers et regards. 4 ans. Tellement dans une vie de jeune fille. L’Officiel avait été mis au courant de cette rencontre, il fait confiance, trop, comme toujours. Je considérais cela comme retrouver un vieil ami.
A peine l’un en face de l’autre, de grands sourires, et une étreinte intense. “Enfin, on se retrouve”. L’alchimie opère étonnamment bien : c’est comme si on s’était toujours connus, comme si cette sorte de lien inexplicable se concrétisait. Ca se passait à merveille. On se raconte nos vies, on se retrouve à écouter de la musique, seuls dans un grand appart’ parisien, avec pizzas, Martini et bières fraîches. A fumer des clopes à la fenêtre, en se regardant dans les yeux, tous les deux aussi hallucinés de la façon dont tout ça se déroule, si bien. Une proximité comme évidente, du charme aussi, à dose respectable. 4 ans.
L’attirance physique, elle, est intacte. Je suis toujours émerveillée par ce corps mince et un peu frêle, par ce grand nez, par ces yeux curieux et un peu moqueurs. Au fond, nous n’avons pas changé. On retrouve les ados que nous étions, on parle du passé, on parle de nos passions, on parle un peu de nos amoureux respectifs, que tous les deux nous aimons par dessus tout et qui sont tout pour nous.
Mais il y a toujours cette partie de moi qui l’a toujours désiré, cette partie de moi qui a 14 ans et ferait tout pour retrouver son J., l’avoir dans ses bras, une fois de plus. Cela semble réciproque, l’issue a l’air inévitable. Je la redoute mais la désire ardemment.
Que faire dans ce cas quand, à 3h du matin, alors que nous nous couchons enfin (un seul grand lit dans l’appart’), et alors que son bras m’entoure d’une façon qui semble si naturelle, il me dit “Püppchen… Je peux t’embrasser? Je veux savoir ce que ça fait…”. Que faire? Ne pas résister, laisser l’adolescente jubiler, embrasser ces lèvres si douces, sentir le désir brûler mes entrailles. Se rapprocher, le sentir dur contre moi, essayer de résister, sans grand succès. Se caresser, soupirer, gémir. Mais il y a une chose que je ne peux pas faire. Le laisser me pénétrer. J’en crève d’envie, je suis presque nue, tout comme lui, le contact de sa peau m’éléctrise. Mais je ne peux pas! Je suis déjà en train de tromper l’Officiel en embrassant ce garçon, en le laissant entrer ses doigts en moi, en caressant doucement son sexe. Je veux plus, mais “plus” serait commettre l’irréparable. Ca serait laisser un autre que l’Officiel entrer en moi, alors que je me suis jurée de ne jamais laisser un autre me faire ça tant que l’Officiel croira en nous et me fera confiance. Comme une limite morale à mon infidélité, que je sais latente et embusquée.
Nous sommes nus, l’un contre l’autre, lui entre mes cuisses, mais pas entré. On fait ça “à l’extérieur”, uniquement en se frottant. Il réclame plus. Je le stoppe dans son élan. Il prétend que lui pourrait vivre avec ce poids sur son esprit. Ce n’est pas mon cas. Je sais déjà comme je devrais m’arranger avec ma conscience pour pouvoir regarder l’Officiel dans les yeux sans que le souvenir de J. en train de me toucher et de me caresser revienne à mon esprit. Lui, continue de se frotter, éjacule sur moi. Je suis sale. Souillée. L’adolescente pleure, la presque femme fait mine de rien.
“Merci”, me dit-il. “De quoi?” réponds-je. “D’avoir insisté pour qu’on n’aille pas jusqu’au bout, tu avais raison, c’était une mauvaise idée.” Il a l’air serein, calme. Il ne me touche plus du tout. Je suis pour la première fois confrontée si durement à la différence d’opinion d’un homme avant et après orgasme. Je suis pétrifiée, je fais comme si rien de particulier ne s’était passé. Et pourtant, sans en saisir encore complètement l’ampleur, je sens cette lourdeur sur moi. Culpabilité. Implacable… Méritée, au fond.
Le début de la journée de samedi se passe relativement bien, l’entente est la même, mais l’enthousiasme m’a quitté. J’aimerais qu’il parte, l’oublier, pleurer sur moi-même et sur le dégoût que je m’inspire.
Quelqu’un l’appelle, un imprévu, il doit rentrer chez lui. Ouf. Je l’accompagne à la gare. Un dernier baiser, passionné. Il s’en va. J’erre dans Paris, déboussolé. Je m’assois devant Notre-Dame, la regarde longtemps. Je suis perturbée, ébranlée.
Je retrouve cet appartement, vide. Je pleure, enfin.
Voilà deux jours que j’essaie de gérer cela. Que j’ai des remontées de désir, de culpabilité, d’amour, le tout confondu, pour J. Qui n’a d’ailleurs pas répondu au sms envoyé samedi après-midi et ne m’a pas recontactée depuis.
Tout ça pour dire? Une perturbation amoureuse, sans doute un retour ici, selon mes envies.
La chanson qui a réussi à me fair lâcher mes larmes samedi. I need you so much closer…
Partir bientôt, les voir partir. Quitter ce lieu qui représente le bonheur. Savoir que je ne les reverrais plus avant longtemps.
Cracher le morceau à T. lors d’une fête un peu trop arrosée, en récolter de l’amertume qu’il a soulagée en me tenant la main et en m’embrassant brièvement.
Être remplie de tristesse, de mélancolie, de gratitude aussi. Pleurer, trop.
L’Officiel arrive dans une heure, il vient me voir, je lui manque il paraît. Il me manque aussi, enfin je crois. A cet instant précis, je ne veux pas le voir, je veux juste qu’on me laisse à mon chagrin, je veux qu’on me laisse faire mon deuil de ce moment de ma vie qui touche à sa fin.
Je lui ferais l’amour, le coeur n’y sera pas. Peut-être même penserais-je à un autre. Je sourirais, je ferais semblant, mon seul réconfort sera d’avoir des bras accueillants pour noyer ma peine.
Désolée, mais à cet instant, penser à toi ne m’emporte plus.
Je fais partie des gens qui croient que nous sommes des animaux évolués. Au-delà de l’évidence scientifique, je parle plus du fait que nous sommes avant tout des animaux. Gérés par notre instinct. Le fait que l’on ait inventé la philosophie n’y change rien : on peut être capable d’accomplissements grandioses en restant humain, autrement dit, animal.
Où je veux en venir? Disons que j’enrage à l’idée que je ne peux rien faire contre cet instinct, que je n’arrive pas à le soumettre à la raison. Venons en aux faits : les hormones, et autres phéromones. L’attraction sexuelle est basée là-dessus, un cocktail de sécrétions aux noms tous plus étranges les unes que les autres se libère dans le cerveau qui vous envoie alors le message “FUCK THIS NOW”. La joie.
Votre instinct trouve ce mâle particulièrement attirant. Il est bien bâti, a l’air sain, a de bonnes dents. De plus, ses blagues et sa façon d’être ont une répercussion positive dans votre esprit, qui enregistre alors le message “mâle x = à baiser”. A partir de là, plus grand chose n’est possible.
Vous aurez beau, comme moi, essayer de toutes vos forces, vous vous retrouvez avec une envie permanente et increvable de fuck his brains out jusqu’à ce qu’il réclame de la pitié. Malgré les raisonnements logiques, malgré les “il ne m’apportera rien, me fera souffrir”, malgré tout ce que diront vos amies, malgré le fait que vous le voyez s’éclipser avec une autre en soirée, malgré TOUT, vous reluquerez son petit cul musclé, la bave aux lèvres.
L’attente est le seul remède. Essayer que ça passe en laissant les choses se tasser. Ce qui est horriblement difficile, si on considère que cette attirance sexuelle vous met le cœur sens dessus-dessous et le bas-ventre en feu, que vous voulez agir, prendre les devants, l’embrasser, le mettre dans votre lit.
Bien sûr, si vous êtes une fille qui n’a pas froid aux yeux, n’a pas de copain ou s’en fout, vous pouvez toujours le baiser. Mais j’évite d’y penser, ça me déprime de me dire que pour certaines c’est si facile que ça, alors que pour moi c’est un bordel sans nom.
J’ai écrit une lettre de rupture l’autre jour. Sans intention de la donner à l’Officiel pour autant. Je l’aime, l’Officiel. mais j’avais besoin de ça, besoin de cette écriture sans queue ni tête, juste salvatrice.
C’est en fait ce que j’aurais écrit si j’avais pris le chemin du choix de l’aventure. J’ai pris le chemin de la raison. Cette lettre, c’est un peu une projection dans une dimension parallèle de mon existence, celle que j’ai refusée.
Rien de poétique, juste des sentiments, des excuses et de la faiblesse. En voici le texte, qu’il me prend l’envie bizarre de partager.
“Mon amour,
J’espère que tu me pardonneras un jour. Que tu comprendras. J’ai toujours été émotionnellement différente de toi. J’avais tellement rêvé d’un relation comme celle que j’entretiens avec toi : de l’amour, de la stabilité, construire quelque chose. Mais voilà, aujourd’hui je n’ai d’autre choix que de détruire. Je ne peux plus. J’ai besoin qu’on m’emporte notre calme plat m’étouffe. Je rêve de passion. Je voulais construire, mais je suis auto-destructrice. J’ai besoin de hauts et de bas, j’ai besoin d’avoir des raisons d’espérer, des raisons de pleurer. J’ai besoin de nouveauté.
Cela fait 4 longs mois que je me ronge. Cette chose qui a grandi en moi et a réussi à tuer mes espoirs pour Nous -quatre mois que j’ai rencontré T. Il me tue sans intention de le faire…. Je ne sais juste pas gérer les sentiments qui me submergent. L’attrait de la nouveauté et un amour qui me ravage s’oppose à ce que je connais et un amour installé. Le Carpe Diem et la Liberté me font les yeux doux depuis trop longtemps… Je ne peux plus résister.
Je suis terrorisée. De faire peut-être le mauvais choix. Mais il faut faire un choix un jour, et je ne peux continuer à me torturer. Je ne te quitte pas pour aller avec un autre. Je te quitte parce que je le dois. Ma liberté doit m’être rendue. J’aurais mal, mais j’ai le sentiment que je dois avancer. Notre relation est belle, je prends le risque et la brise. Je suis consciente de ce que ça signifie. Je suis consciente de la douleur que je vais t’infliger, de la douleur que je vais m’infliger, mais j’ai déjà trop souffert en essayant de faire taire en moi la voix de la déraison.
Je ne veux plus raisonner de façon logique, je ne veux plus soumettre ma vie amoureuse à un calcul coûts/bénéfices. Je perds énormément en te quittant, mes mains en tremblent alors que j’écris ces lignes. Je perds ce qui m’aidait à vivre, ce qui me réconfortait. Mais en quoi est-ce que je te mérite encore si je suis prête à sacrifier notre relation au nom de ma vanité et de mon immaturité…
Je suis jeune. J’ai besoin de faire mes expériences, j’ai besoin de vivre. Tu auras été le premier à m’aimer de cette façon, le premier à m’accompagner réellement. Tu m’as donné tellement. Et je t’en suis reconnaissante.
J’ai juste le sentiment que “…” et Püppchen, en tant que partenaires amoureux, ont atteint la limite, n’ont plus grand chose à s’apporter. J’ai peur que nous ayons fait le tour des choses.
Tout se passait toujours si bien, si facilement dans notre couple. Le statu quo m’a étouffée. J’asphyxie. Je suis consciente d’être sentimentalement mal foutue, mais je n’ai juste plus la force de lutter contre ma nature profonde. Je suis lâche sans doute d’abandonner la partie, mais je suis à bout de forces. Cette rupture est un aveu de faiblesse. Pardonne-moi.
Serre-moi contre toi emporte moi je t’en prie brise-moi les reins à trop me baiser fais-moi vivre remplis-moi de culpabilité meurtrière mais fais-moi vivre une nuit inoubliable.
Fais-moi croire à la passion embrasse-moi comme tu ne devrais pas étrangle-moi en me pénétrant fais de moi une autre de tes putes mords-moi et dis-moi Je t’aime sans y croire.
Méprise-moi, oh fais de moi ce que tu veux mais fais vibrer ton corps contre le mien envoie-moi au septième ciel en me faisant pleurer partage ta sueur contre mon corps.
Offre-moi ton extase, jouis de moi, consomme-moi, consume-moi.
Je suis dans une relation depuis presque un an. Cette relation, arrivée comme la providence, mettait un terme à trois ans de plus ou moins célibat, pendant lesquels m’ont hantés les souvenirs de “Je t’aime” partagés au soleil, au bord d’un lac, pendant trois journées que je n’ai jamais oubliées (bon j’avais 14 ans aussi, on a tendance à l’emphase à ces âges-là). Il y un an, j’avais besoin qu’on m’aime, qu’on me prouve que je le mérite, qu’on me dise que je suis belle, qu’on me serre dans des bras passionnés, qu’on me soutienne, qu’on m’aide à avancer. Je voulais quelque chose de beau. Voilà, je l’ai.
Un amour calme, réconfortant, une béquille de tous les jours, mon coin de stabilité. Si on omet la distance (j’étudie à l’étranger cette année, bientôt fini d’ailleurs).
Mais… oui parce que bien sûr il y a un mais, je vous renvoie à l’article “de la chance…” s’il faut encore vous en convaincre. Donc. Mais j’ai une forte tendance à l’emportement, à la passion, aux trucs qui vous prennent aux tripes. D’ailleurs j’ai du revoir tout un pan de ma philosophie de vie en rencontrant mon copain, j’ai du mettre de côté ce Carpe Diem qui me faisait les yeux doux. Taire ce côté de moi, cette fille qui aspire à de la passion et à des têtes qui tournent.
Donc, une tendance à la passion… autrement dit à me laisser m’accrocher de façon fulgurante à un garçon n’étant pas l’Officiel. Ca m’était arrivé quelques fois depuis mon arrivée en Angleterre, à cause de la distance. Je m’en sortais toujours, en tout bien tout honneur, en prenant sur moi et en refusant de tromper celui qui ferait tout pour moi et m’offre tant. Je dois d’ailleurs préciser qu’étant le premier avec qui j’ai jamais couché, ce garçon est symbolique. Laisser un autre me pénétrer alors qu’il ne devrait pas, alors que l’Officiel est toujours à mes côtés et croit en nous, ce serait perdre ma virginité une nouvelle fois, et de façon brutale. Je suis donc incapable, pour l’instant, et tant que j’aimerais l’Officiel, de me laisser aller à ce que mon corps, mes tripes et mon sexe réclament à grand cris.
Pourtant… Voilà 4 mois que j’ai rencontré cet Anglais. Séduisant, tant dans sa démarche, son attitude détachée que dans ses puppy eyes (oui, les puppy eyes à l’anglaise, cette caractéristique incroyable des beaux garçons anglais à ressembler à des chiens battus). Il aime les filles, elles lui rendent. Le stéréotype du connard, en somme, dans lequel les idiotes dans mon genre arrivent à voir un côté gentil et à croire que le détachement est une façade.
Et une attirance. Quasi immédiate, animale, qui m’a bouffée de l’intérieur de nombreuses fois. L’envie de lui faire l’amour sans s’arrêter pendant des jours, des l’embrasser fougueusement, de lui mordre les épaules sous le coup du plaisir.
Lui? Oh je lui plais un minimum, il n’y fait pas vraiment attention. Il est sans doute au courant (je suis plutôt obvious comme fille…). Il y a bien cette soirée où on s’est embrassés, mais je crois qu’il l’a finie avec une autre. Ce baiser était de ceux qu’on aimerait raconter aux copines s’il avait été le premier avec son vrai copain. Un moment de cinéma. Deux jeunes gens, alcoolisés, se chamaillent dans une pièce où ils sont entourés d’autres, lors d’une fête. Un trublion qui éteint la lumière. Nos bras qui cessent de s’agiter. Un souffle. Un baiser qu’il ma volé. Puis la lumière s’est rallumée. Un regard. Le reste est enfoui au tréfonds de ma mémoire l’alcool en bloquant le souvenir.
Mais voilà, je ne peux coucher avec lui, je ne peux tromper mon copain ni le quitter : je l’aime, il me rend heureuse, m’apporte la stabilité dont j’ai besoin. Je ne peux pas me défaire de lui sans savoir à quel point je le regretterais plus tard. Et je n’arrive pas à me défaire de ce crush pour l’autre, mes jambes tremblent quand je le croise de façon inattendue, mon coeur bat trop fort quand il me sert dans ses bras (façon de dire bonjour à ses amis en Angleterre). Il me fait vibrer, mais n’a rien à m’apporter d’autre qu’une nuit.